Mettre les mots en musique… et puis… et puis mettre la musique en mot, c’est-à-dire se laisser porter par les mélodies pour que viennent s’y déposer les mots.
Novö trouve un équilibre fragile entre notes et phrases pour nous inspirer tour à tour tension, mélancolie et contemplation. La force extrême de cet album est qu’il constitue en même temps une œuvre très personnelle de ses auteurs et une invitation au voyage intime pour chaque auditeur. Ainsi, les chansons résonnent parfois comme l’écho d’un sentiment passé et parfois vous laissent simplement envie de vous laisser porter par leur musicalité. Cette double écriture musicale et littéraire apparaît comme le témoignage de la collaboration fusionnelle entre Jean-Michel Chabrel et Jérémie Guiochet.
La musique est hérédité, expression, évolution. Plus concrètement, la musique est une histoire de disques qu’on a écouté encore et encore jusqu’à ce qu’ils nous marquent profondément, puis c’est une envie de se raconter en utilisant des structures et des codes existants, enfin la musique se nourrit des rencontres et des expériences qui vous donnent envie d’aller un peu plus loin. C’est assez précisément ce que l’on ressent en écoutant “Je retiens ton souffle”. Même si la filiation commence certainement à peser à leurs auteurs, on distingue aisément chez eux les marques de Diabologum, Playdoh ou Téléfax, on perçoit leur admiration pour Arab Strap, Tarwater et Notwist. Mais, s’il est une chose qu’ils démontrent c’est qu’il est possible de transcender des références qui vous hantent pour poursuivre l’exploration musicale.
Au final, “Je retiens ton souffle”, publié par Monopsone, mélange les textures musicales en bâtissant sur des fondations électroniques des morceaux aux structures à la fois complexes et limpides où les mélodies sont tissées à la guitare et où naviguent percussions, trompettes, extraits de films, samples. Et puis, donc, une voix oscille entre chant et spoken word pour se révéler vite prenante et addictive. Bref, ce premier album maturé par le groupe depuis plusieurs années est une vraie et belle réussite qui nous donne envie d’accompagner Novö sur le chemin qu’il parcourt.