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Festival PRIMAVERA SOUND
Barcelone, Parc del Forum, 31 mai, 1 et 2 juin 2007
par Guilhem | 5 juillet 2007

Primaverasound reste un moment musical privilégié dans l’année. Comme d’hab’, la programmation oscille entre groupes du moment, découvertes bien mises en valeurs, vieilles gloires underground et quelques retours espérés ou pas. Un dosage toujours subtilement réussi depuis 3 ans. Nouveauté, pour la première fois, Primavera et le pointu festival anglais All Tomorrow’s Parties collabore ce qui orientera une partie de la programmation. Et qui permettra à quelques groupes de livrer des versions live d’albums cultes. Comme l’année dernière, un membre de la Foutraque Team est sur place ce qui promet de grands échanges toujours teintés d’une objectivité toute relative et d’une bonne foi toute masculine. Une fois retiré les sésames pour entrée, dans l’après-midi pour éviter la cohue, on est fin prêt pour le

Premier jour

On arrive sur le site le jeudi assez tôt avec l’excitation de début de festival, l’envie d’en découdre. Et pour ce qui est d’en découdre, cette première des trois soirées fait parler la poudre : du lourd en prévision, de la notoriété et du proto-heavy (grande tendance de cette édition) qui cogne. On démarre les hostilités assez tôt avec les Melvins, premier choc auditif (attention, auditif pas musical !), 2 batteries, une basse, une guitare sur la grande scène d’habitude inactive le premier jour. Malgré l’heure, 21h, on croise déjà beaucoup de monde dont beaucoup de trentenaires bien avancés, bedonnants quoi, qui ont ressorti les reliques du placard à l’effigie des Smashing Pumpkins, grande attraction de la soirée avec les White Stripes.
Donc les Melvins : ça joue ultra fort et ultra lourd. Une fois les oreilles ramonées dès le premier set du festival. On se dirige avec envie vers la scène Rockdelux pour aller écouter sans trop y croire l’album « Spiderland » joué par les néo-reformés Slint. Même si j’ai beaucoup écouté ce disque pendant mes années post-rock, je crains un peu ces retrouvailles. En effet, je n’ai entendu que peu de bons échos de cette reformation. Le concert est statique, l’album est reproduit note pour note, mais sans tension, trop scolairement. On part à la fin de la face A.
Interrogatif ? Elle arrive quand la première surprise ? Alléché par quelques écoutes, j’aiguille mon petit monde sur le concert des Comets on Fire. Le premier morceau démarre en trombe, un son dantesque de guitares, des vagues de saturation qui jouent les arbitres face aux assauts rythmiques. Ce morceau attila durera pas loin de 7 mn, il s’appelle « the bee & the crackin’ egg », une furie noisy psyché jouée avec en entrain qui fait plaisir à voir. Le batteur facétieux frappe sévère avec un sourire béat, à la Keith Moon. On tiendrait le bon bout. Malheureusement, la suite se noiera dans un affrontement de guitaristes un peu trop bavards de leurs soli zappaesques. Dommage... Mais on reste sur un vrai bon souvenir d’une entame de concert qui décolle les murs sans trop de r’n’r attitude. Histoire de faire râler les copines, on décide d’aller consulter le bulletin de santé du chauve le plus célèbre des 90’s. On arrive sur « Today ». Devant un parterre de fans dévots, Billy et ses mercenaires en toges blanches, entre secte néo bab et soldes chez Pronuptia, balancent leurs cocktails (trop) chargés de heavy pop. Ca colle aux dents leur truc ! On le savait et on se rappelle une par une les raisons qui font qu’on n’a jamais aimé les Smashings Pumpkins. De plus, la balance égomaniaque du concert place la voix et la guitare du dadais des kilomètres devant ses accolytes. Pour la faire courte, on est content pour ses impôts et on félicite billy ray vaughn pour le choix de sa bassiste. Autre attraction de la soirée, on file vers Fennesz + Mike Patton. A indietronica, on est fan des bonhommes mais en séparé. Le Headmaestro est un inconditionnel de l’américain poussant même le vice jusqu’à vous (infliger) faire écouter un album de Fantômas au réveil. Pour ma part, je considère Endless Summer de l’autrichien comme un album essentiel des 00’s. Que va donner la rencontre ? Une musique aride, rêveuse, parfois difficile, facilement expérimentale qui fascine, interroge et finit par lasser ma petite troupe. Pour ce qui me concerne, je suis très heureux d’avoir entendu ce set (d’autant que headmaestro l’a raté à Paris hi hi...). Sans doute l’auditori aurait été plus approprié pour se laisser aller à cette musique. Petit passage au bar dans l’attente de Fujiya & Miyagi. Soyons clair l’album tourne en boucle chez moi depuis un an au moins, je suis impatient de les voir live et de connaître l’avis de Captain Americola, spécialiste du kraut-rock et des anglaiseries en tout genre. Le concert débute bien : basse en avant, rythmiques « motorik », son impeccable (chose un peu rare cette édition) et lumières ad-hoc, la foule grossit pour venir assister au mélange « happy mondays meets Neu ! » des écossais. Les promesses du disque « Transparent Things » sont tenues. C’est intelligent ET dansant ; sans conteste le premier concert ultra réussi de Primavera 2007. Captain Americola a même ondulé du corps en me disant toutes les 3 minutes « c’est vraiment bien ce truc ! ». On se dit qu’on pourrait aller voir les White Stripes qui jouent à dix mètres mais le miracle de Primavera se produit. On décide de snober simplement leur concert. Sans regret aucun. Arrive ensuite Justice, déjà présent en 2006 et qui avait délivré un DJ set hornysexyheavygroovy , véritable machine à épuiser le souffle et les jambes. Une année est passée, on les a revu trois fois depuis, on a vu la hype monter en flèche (merci Pedro !), leur son être copié 1000 fois. Mais là c’est le live qui est joué. Roublardise quand tu nous tiens, sur scène, 16 corps Marshall mais pas une tête ! Ca fleure le marketing et l’imagerie. Ne soyons pas trop regardant sur l’emballage, les deux post-teenagers à poils (over tendance la pilosité faciale !) ont l’air anxieux avant d’allumer la croix. Ca démarre comme l’album avec « Genesis », une bonne musique piquée chez Dario Argento et ensuite ça déroule du kick massif, de la compression grosse comme une montagne et des gimmicks malins. Car au delà de la vibe surdosée à leur endroit, le duo propose une musique finalement assez simple, plaisante et foutrement bien foutue. De bien meilleure tenue que leurs DJ sets par trop efficacement efficaces. Fin des aventures, on se compacte dans le bus contre une troupe de jeunes demoiselles et on rentre a casa avec enfin le sourire aux lèvres.

Deuxième jour

Réveil tardif, on se presse. Car que font les freaks festivaliers quand ils ne voient pas 10 concerts par soir ? Ils vont acheter des disques. Pour ce second jour, chez Revolver Discos, vrai bon disquaire généraliste qu’on rêve, ou redoute pour la version carte bleue, d’avoir pas loin de chez soi.
Après avoir ingéré quelques fibres végétales, on se rend sur place tôt pour aller écouter Portastatic et sa pop trop américaine-de-bon-goût. On croise Nicovara, notre foutraque boy préféré qui nous dit le plus grand bien du concert de Mus délivré plus tôt à l’auditori. On va voir The rakes ensemble, rien de vraiment notable à dire sur ce groupe. Sur scène polos Fred Perry et Telecaster custom de rigueur, pied de grosse caisse surmixé (visiblement un problème récurrent chez les groupes anglais de cette mouvance), et le chanteur qui danse avec un style tout singulier. On reste quelques morceaux sans être convaincus et on file s’installer au VIP bar pour patienter jusqu’à Blonde Redhead, le groupe le plus attendu de la journée. Fan de la première heure (aaaaaaaaah « astroboy »...), je n’ai jamais eu l’occasion de les voir live. Je m’insère dans la masse pour profiter devant de la musique du trio. Une évidence tout d’abord, ce groupe a une classe folle. Faisant oublier un dernier album trop timoré à mon goût. Pourtant je me laisse embarquer rapidement. Deux Gibson et une batterie jouée de façon caressante, ça peut faire des miracles pour apaiser les esprits. Entre la voix de Kazu et celle d’Amadeo, il n’y a pas de choix à faire, leur complicité est palpable dans cet habile ménage à trois. Regrettant de ne pas entendre quelques titres de la période Touch & Go, je me délecte tout de même du moment présent. Hormis deux français noirs comme des corbeaux à 20h15, les français à l’étranger se reconnaissent entre 1000, de la magie à l’état brut. On file constater de visu que Mark E Smith est toujours une petite teigne. Une fois rassuré sur la santé de the Fall, je pars flâner au stands des disquaires, peu fournis cette année, hésite des années sur le vinyl de Serena Maneesh, et me dirige tranquillement vers l’auditori pour la messe Spiritualized acoustique. Devant la foule impressionnante qui fait la queue pour entrer, je dégaine l’arme magique : l’accréditation qui me fera passer devant tout le monde et m’installe paisiblement pour profiter de ce moment d’exception. Jason Pierce à la guitare folk (qui quittera par 3 fois la scène pour sans doute aller se repoudrer le nez), accompagné par un rhodes, un quatuor à cordes et un trio de choristes gospel. De la douceur condensée devant l’auditori comble. On se laisse bercer pour ses mélodies simples, lové dans les fauteuils tout confort. On cèdera même à la crise mystique du bonhomme qui reprend la scie « Oh happy days » dans un océan de coton. Retour dans le cœur du forum, légèrement engourdi de bonheur. En ratant Beirut, il semble qu’on ait loupé un grand moment de fraîcheur musicale, LE concert pop teubé équivalent de I’m from Barcelona qui nous avais mis à genou l’année dernière. La petite clique se dirige vers la scène ATP pour aller goûter à la dernière livraison de Modest Mouse. Idée qui semble être passée par la tête d’un grand nombre de festivaliers, sans doute pour beaucoup venus approcher une idole de jeunesse (comme nous d’ailleurs). Johnny Marr joue les guitaristes additionnels pour le groupe américain et la foule est compacte pour tutoyer l’autre légende des Smiths. Sans être révolutionnaire la musique du groupe qui arbore deux batteurs (une mode après les Melvins ?) fait dodeliner la tête. Après avoir été rassasié du « Float On » que tout le monde attend, on s’éparpille à regarder le public. Et Johnny Marr dans tout ça, il joue pro, change de jaguar tous les morceaux et remet sa veste, tendue par un roadie, avec le sentiment du devoir accompli-merci-bonsoir. Sans quitter l’espace, fatigue oblige, tout le monde y va de son petit commentaire sur la prestation précédente. Low investit la scène sans bruit comme à son habitude, joue très lentement comme à son habitude, avec un son de guitare languide comme à son habitude. Et comme à notre habitude, on décroche au bout du troisième morceau. Retour pépère bus maison dodo.

Troisième jour

L’hystérie commence à monter en moi. Ce soir, je vois Sonic Youth pour la troisième fois, ils joueront Daydream Nation, l’album initiateur qui garde une place particulière dans mon top 26 des disques de tous les temps. Pour l’heure, Wha Wha Records nous ouvre sa caverne aux trésors. Visite obligatoire pour tout amateur de bonne musique dans cette petite boutique qui entasse les perles. Ne vous laisser pas décourager par l’amabilité toute relative des tenanciers et allez fouiller dans les bacs. Vous en sortirez le sourire aux lèvres. Dernier jour du festival dont l’intensité ne va faire que croître. Apples in stereo en ouverture. Power pop, soleil, soda fruité et combinaison argenté du clavier. La journée démarre fort, on tape du pied, ravi de cette trouvaille. On pense forcément à Grandaddy avec un peu de nerfs. On se dit qu’il est bon d’aimer la pop. On file se mettre au frais avec l’ami Jonathan Richman. Car l’ex modern lover est un ami pour tous les gens présents dans l’auditori. En simple duo avec une batterie, sa guitare fait des miracles. Lui chante, danse et anime le truc avec une simplicité et une bonhomie foutrement communicative. En espagnol, on arrive mieux à s’attarder sur ses textes drolatiques. Un pur moment de plaisir, un poil court tout de même. Pour patienter, Nicovara et moi allons déguster quelques boissons sponsor du festival confortablement installés. On savoure chaque seconde offerte par notre sésame bleu. On voit de loin les Long blondes qui joue sur la grande scène les titres de leur premier album. On se dit que Pulp a fait des émules, on discutaille du programme à venir. Bref, on se laisse un peu vivre un peu trop éloignés pour apprécier à leur juste valeur les chorégraphies de la chanteuse.
On quitte notre torpeur casanière pour aller écouter Architecture in Helsinki, groupe à géométrie variable qui sait ce que le mot candeur veut dire. Le groupe pond de petits hymnes boostés à coup de rasades synthétiques. Sur scène ça sautille en legins, c’est fresh, c’est funky. Tout cela est fort agréable mais nous décidons d’aller étancher notre soif de private jokes en allant constater de visu que Koacha est bien à l’affiche du festival sur la scène Vice. Après cette vérification d’usage effectuée, nous reprenons nos pérégrinations musicales. Les courageux vont voir Patti Smith sortie du frigo, je choisis pour ma part d’aller me frotter à Pelican, sorte de petit mogwai qui assume mieux son penchant pour le métal. La puissance et la fougue déployée font plaisir à voir. La tête de Mulk, camarade fan de pop sentimentale et collectionneur de 45 tours Sarah records, en face de ce concert encore plus. Choix hératique, nous nous retrouvons au pied du Rockdelux pour découvrir le répertoire en live de The good, the bad & the queen, nouveau super groupe chapeauté par Damon Albarn. Homme de goût au sein des Gorillaz et passeur de son au sein de Mali Music, l’ex britpopeur n’a plus rien à prouver à personne. Malgré tout, ce groupe fait figure de jouet luxueux, Paul Simonon à la basse chaloupe, Tony Allen est plus que sous-employé, la section cordes est recouverte par la scène CD Drome. Les musiciens ont presque l’air de s’ennuyer plus que nous. Mais le grand moment de la soirée arrive enfin, je me magne le train pour être bien placé et sans doute apprécier un énorme moment musical. En effet, Sonic Youth déçoit rarement en concert. Petit moment d’effervescence, je taquine Foutraque boy qui me dit qu’il ne restera pas tout le concert. Après Teenage Riot, au vu dans son rictus, je devine qu’il n’en fera rien. Là où l’exercice semblait vain pour Slint, Sonic Youth est capable de fraîcheur, d’injecter de la vie et de l’humanité dans son monument. Car en plus d’avoir pondu tous ces tubes en or massif, le groupe prend plaisir à rejouer pour la première fois cet album qui leur a permis de changer de catégorie pour les élever au rang de culte planétaire. Si le son, très bon enfin, pourrait faire peur, les musiciens sont réellement touchants. Thurston chausse ses lunettes pour lire ses notes, Lee Ranaldo le charrie gentiment, Mlle Gordon le tance quand il se trompe de tonalité sur une intro. Ils s’amusent, apportent des nuances inédites. Comble du bonheur, ils reviendront jouer, accompagnés de Mark Ibold de Pavement, 4 morceaux de Rather Ripped, leur très poppy dernier effort. Après presque deux heures passées comme un enchantement, le cœur gros et la fatigue qui s’accumule, Wilco arrive sur scène. Une fois de plus, et pour la seconde fois seulement, le son est vraiment très bon sur la grande scène. Hormis le côté un poil trop maîtrisé de la prestation, je me laisse porter par l’habile songwriting des américains. Pendant Impossible Germany, que je moquais auprès de Mulk pour ses solos à la Eagles, j’ai l’impression de voler et je bascule pendant tout le reste du concert. Sur un nuage, on sent la fin du festival, on ne veut partir mais on ne peut se résoudre à chercher de nouveaux concerts. On tient tous à rester sur ces deux très beaux moments. On discute autour d’une dernière bière avant de se diriger lentement vers le métro avec le sentiment bizarre qu’on aimerait revenir l’année suivante mais en espérant secrètement une programmation un peu plus enthousiasmante. L’effet Primavera a encore frappé, au grès des bons souvenirs engrangés depuis 3 ans, l’exigence prend vite ses quartiers.

Le palmarès de Primaverasound 2007 :

Meilleur concert : Sonic Youth
Meilleur guest sur un concert : Mark Ibold avec Sonic Youth
Meilleure guitariste en short : Kazu de Blonde Redhead
Meilleur bassiste en short : Koacha
Meilleur concert qui sert à rien : The good, the bad & the queen
Meilleur concert pas vu : White Stripes
Meilleur moment en espace vip : the long blondes
Meilleure chorégraphie : The rakes
Meilleur cassage de système son : Melvins
Meilleure nuisance sonore : la scène CD Drome
Meilleur guitariste mercenaire : Johnny Mar
Meilleure première chanson de set : Comets on Fire
Meilleur concert dont on n’a vu que la fin et qu’on regrette d’avoir raté : Brightblack Morning Light
Meilleurs ampli marshall qui servent à rien : Justice
Coup de cœur du festival : Fujiya & Miyagi
Meilleur moment mystique : Spiritualized
Meilleur soupir de bonheur : Wilco et son Impossible Germany
Meilleur costume : le clavier de Apples in Stereo et sa combinaison intégrale argentée.
Meilleure boisson : redbull vodka (as usual)



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