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"dylan Municipal" VS "Tous les Films ont la même Fin" : INTERVIEW CROISEE
par Tycho Brahe | 3 mai 2006

Autour d’un bol de chicoré et de quelques crackers virtuels, une discussion à bâtons rompus avec deux groupes français qui partagent aspirations mélodiques et univers décalés pour découvrir un autre versant de la chanson française (hum ?).

Un peu malgré moi, je me laisse emporter à parler aussi un peu de mon projet musical même si ce n’était pas du tout le but !

En tout cas cette interview traduira j’espère le plaisir que j’ai à écouter leur musique et vous donnera envie de les découvrir.


Tycho Brahé (TB) : Hello tout le monde, est-ce que vous pouvez présenter en quelques mots vos groupes/projets respectifs (membres, origine...) ?

Tous les Films ont la même Fin ( TLFOLMF) : Cyrille joue avec Marousse, Margot, Julie Peel ; Bertrand joue tout seul dans sa chambre depuis le split de Channel Five, quant à moi je n’ai eu qu’un seul groupe avant celui-ci : jalouxdemonsuccès.

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dylan Municipal

Notre principe est simple : qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige, on enregistre une chanson par semaine depuis un an. On essaye surtout de ne pas se laisser déborder par le grand n’importe quoi. D’où une certaine tension dans notre univers musical : flanchera ? flanchera pas ? Donc, dans Tous les Films ont la même Fin, Bertrand joue surtout de la guitare, Cyrille de la basse, de la guitare, fait les chœurs, la contrebasse, les claps, programmation, arrangements merveilleux, il compose certains morceaux et il dit "non, on va pas rajouter ça, on va plutôt enlever ceci" quant à moi, je fais le reste (y compris le mélodica)... Nous avons toléré certains batteurs sur nos titres, dont l’un (oualaclasse) est l’ex batteur de Stupeflip et actuel de Marousse : Mathias Fisch. Sinon il y a eu aussi David Milh et actuellement Guillaume Guet, qui répète avec nous pour un projet scène ultra hot.

TB : un projet hot c’est quand on se met tout nu pour jouer ?

TLFOLMF : certaines personnes sont plus hot en anorak et après-skis qu’à poil, nous en faisons partie.

# absence un peu prolongée de Dylan Municipal (DM).../... #

TLFOLMF (pour DM) : Nous pouvons faire la réponse de Dylan Municipal, pour rire :

"Alors, nous on s’est rencontrés à l’école des Beaux-arts, mais très rapidement la musique nous a embarqué dans son tourbillon, on a tout plaqué pour emménager dans un squat en banlieue de Lille, on a tenu deux jours, avant que la moitié d’entre nous ne s’exile à Arles. Là, on a continué à faire de la musique grâce à Internet, etc."

DM : désolé les kids, mon internet me cherche des noises, mais là c’est réparé ; d’un autres côté vous êtes tellement dans le vrai pour ma bio que je vais la garder comme "bio officielle et définitive"

TB : L’originalité des noms de vos groupes est pour tous les deux un élément assez fort d’identification, d’où viennent-ils ?

TLFOLMF : “Tous les Films ont la même Fin” est le titre d’une de nos chansons ; « tous les films ont la même fin, ils se déroulent puis s’arrêtent, dis-moi un peu ce qu’on retient.../... » Bref, la super joie.

Pour compléter, disons qu’on voulait occuper le plus de place possible sur les affiches de festivals.

DM : En fait dylan Municipal c’est plutôt une moquerie par rapport aux formules à l’emporte pièce comme les "jimi hendrix français" ou les "50 cents lillois" (si si si il y’en a) qu’on retrouve dans pas mal de magazine musicaux et comme nous nous étions attaqué à un genre hyper casse gueule (la chanson engagée) nous avons décidé de prendre un nom auto-dérisoire qui annonçait directement la couleur.

Pour repartir sur la thématique des très beaux noms de groupes genre jalouxdemonsuccés, pourquoi avoir choisi de ce nom d’astronome Tycho Brahé ?

TB : Euh ben en fait je me souviens plus très bien, mais au début je voulais faire un album concept avec que des noms de vieux scientifiques morts (concept sexy, s’il en est) et puis... ben... j’en ai trouvé qu’un de vraiment marrant et je l’ai gardé comme nom de scène... hum ?

TB : dylan Municipal semble avoir des connexions fortes avec la structure Pilotti, tu peux nous en dire plus ? ça doit être un moteur appréciable pour la création, de savoir qu’une telle structure encourage/gère votre diffusion...

DM : En fait je fais partie de ceux qui ont lancé Pilotti ; qui est en fait une coopérative musicale au fonctionnement 100% utopo-crypto-communiste où plein de groupes lillois s’ébattent nus dans les champs ! Plus sérieusement à la base c’était juste une petite structure pour publier des morceaux d’amis musiciens amateurs qui finissaient souvent sur des cassettes poussiéreuses alors qu’il y’avait là dessus de très beaux morceaux ! Au début, nous nous étions limités aux nord de la France, mais là je pense que nous allons ouvrir tout ça à l’univers entier, univers dont vous faites parti (eh eh)...

TB : Hum hum tu essayes de nous acheter pour qu’on fasse une critique élogieuse de dylan... bien joue ça risque de marcher !

DM : Wouai je suis le Roland Courbis de la lo fi !!

TB : Tous les Films ont la même Fin est-il pour l’instant dans une démarche d’autoproduction pure ? Vous le vivez bien ? Vous avez déjà essayer de "démarcher" des labels ?

TLFOLMF : Nous ne sommes pas dans une démarche d’autoproduction pure, mais vu qui on est, où on est et ce qu’on fait, on n’a pas trouvé d’autre solution pour l’instant.

Nous avons un projet de CD autoproduit pour l’automne (25 titres), recherchons diffuseurs et tout le tralala, mais si on nous demande de signer là, tout de suite avec une major, on le fait. Le mot compromis nous est inconnu, donc on peut en faire tranquillement.

DM : Dans vos rêves les plus fous vous signeriez pour quel label ?

TLFOLMF : Dans l’idéal, on aimerait monter une major, et s’autosigner. Sinon, Parlophone ou même, un jour de biture, un label français branché.

TB : Thrill Jockey... of course, mais si City Slang me demandait, c’est possible que je réfléchisse.

J’imaginerais volontiers Tous les Films ont la même Fin chez Tricatel, il suffirait juste de vous mettre aux vêtements marrons-près-du-corps-en-skaï

TLFOLMF : Le skaï me file des boutons...

DM : Moi niveau label j’hésiterai entre K records, tôt ou tard et Sympathy for the records industry, rien que pour le nom !

TB : Question un peu orientée : vous mettez librement à disposition vos morceaux via vos sites internet et pourtant il ne me semble pas que ni les uns ni les autres vous ne soyez passé aux licences libres (type Creative Commons ou Art Libre).

Est-ce par choix (vous trouvez que la SACEM c’est génial), parce que vous avez eu la flemme ou par manque d’information sur le concept ?

TLFOLMF : Plutôt la flemme, mais de toute façon, ne sachant pas comment résoudre le délicat problème de la protection du droit d’auteur, on a mis en ligne que nos chansons les plus nulles. (oui, vous êtes en train de vous dire : ces gars sont des génies)

TB : Parlons (enfin) un peu de musique... vous donnez l’impression de faire partie de ces groupes français dont la plupart des références sont anglo-saxonnes ou américaines et qui ont tout de même fait le choix de chanter en français, comment ça vous est venu ?

TLFOLMF : Pffff, scritch scritch, euh. Je ne parle pas anglais, seulement le français (et quelques bribes de yupik). Comme j’écris tous les textes, nous en sommes là. Et puis le texte ça compte beaucoup, quand même. Alors, autant aller au plus simple (les logiciels de traduction ne sont pas encore au point).

Et puis je lis des livres, plein de livres en français, ça doit contaminer...

TB : Quels auteurs ?

TLFOLMF : les auteurs : je ne sais plus, ils sont dans des cartons.../... je viens d’aller en chercher dans les fameux cartons, au pif : Gombrowicz, René Daumal, Stig Dagerman, James Ellroy

DM : Je n’ai lu qu’Ellroy là dedans... et ça m’a glacé le sang... pour rebondir là dessus, Tous les Films ont la même Fin je trouve que votre écriture est assez "américaine" dans la forme, je vais avoir du mal à m’expliquer mais j’y retrouve quelques choses du mystère mais aussi de la simplicité des Paul Auster qui jouent avec la forme du polar.

Pour ma part, mine de rien les textes en français me permettent quand même de dire des choses que je ne saurais pas dire hyper bien en anglais, et même si je le faisais je le ferai avec un accent déplorable ! En plus, vu le caractère hyper méga poétique de nos paroles, ce serait une vraie perte pour le panthéon de la littérature française !

Et puis je pense que même inconsciemment, le rap français a décomplexé pas mal de monde, niveau hybridation "langue de Molière" (ou de Séverine Ferrer) et sonorités "dangereusement" anglo-saxonnes.

TB : Hum c’est marrant ce que tu dis à propos du rap en sachant que ça ne s’entend pas forcément dans votre musique... je ne trouve pas de truc intelligent à dire en réponse, mais c’est marrant

DM : En fait perso je n’écoute quasiment pas de hip hop, et mon style de vie doit être à l’exact opposé de celui de Snoop. Mais mine de rien il y’a quelques morceaux de TTC, IAM ou NTM qui arrivait à exprimer des trucs pas souvent croisé en chanson française "indé"

TB : Un des points communs entre vous et l’une des forces/originalités de votre musique est de proposer des textes décalés lus/chantés sur une musique fortement influencée par tout un pan de la musique indé (au choix Smog, Arab Strap, Tom Waits, Stereolab...). Est-ce que vous vous reconnaissez dans cette tentative de description ? Y aurait t’il des chefs de file français à ce "genre musical" ?

DM : En fait il y’a quelques groupes qui ont déjà bien défriché ça, comme Orly et Carmine dans les années 90, mais c’est vrai qu’Arab Strap et surtout “Philophobia” c’est un beau monument.

TLFOLMF : Transforme ta phrase interrogative en phrase affirmative et tu auras notre réponse. Les modèles, bof. Tous les groupes cités plus haut : d’accord, y compris Orly.

TB : Orly ça me dit quelque chose... et Carmine pratiquement rien...

DM : en fait ce sont deux groupes pour Carmine, c’est leur album “Lumielle” que je trouve renversant. Orly c’était un projet electro post rock parlé sorti par le Village Vert je crois ; très beau et sans suite

TLFOLMF : Orly avait très peu vendu il me semble (on était en contact avec le Village Vert à l’époque de jalouxdemonsuccès)

TB : Et sur la clique Programme / Diabologum / Expérience ? Ils ont quand même apportés beaucoup de choses novatrices, il me semble.

DM : Diabologum and co, il y’a des trucs qui me touchent énormément et d’autres qui me font fuir en courant. Le côté parfois trop direct peut être, globalement Mendelson (découvert grâce aux conseils d’un très bon camarade sur myspace) me remue plus.

TB : Ca me fait très plaisir que tu aies aimé Mendelson, c’est un groupe qui me plait et me touche énormément même si je suis un peu plus nuancé sur le dernier. Tu ne trouves pas que vous avez un peu le même timbre de voix ?

DM : Oui c’est vrai pour le timbre, ça m’a fait même un peu bizarre, mais lui est infiniment plus doué que moi, très dur ses paroles sur le quotidien et les assedic !

TLFOLMF : le premier album de Mendelson est l’un des rares que j’écoute très régulièrement encore aujourd’hui. Je ne m’en lasse pas. Les suivants me plaisent aussi, mais j’aime retrouver les saveurs et les fraîcheurs du premier. Ce genre de disque est rare.

Le parcours de Diabologum, en trois albums, est un parfait concentré des années 90, mais qui s’en est aperçu ?

TB : Comment écrivez-vous vos textes justement, car j’ai l’impression dans les deux cas d’entendre parfois un mélange entre improvisation ou écriture libre et texte travaillé ? c’est un compliment parce que ça donne une grande liberté à vos musiques tout en évitant l’écueil du truc trop bricolé...

TLFOLMF : Tu as trouvé toutes les ficelles de mon écriture. L’improvisation est une illusion, un artifice, il n’y en a pas. Mais c’est l’effet recherché. Un truc qui paraît spontané au milieu de quelque chose de très construit, et puis, finalement, les choses ne sont pas ce qu’elle ont l’air d’être, peuvent même être le contraire... Le but est de provoquer une hausse d’attention chez l’auditeur, comme une stupeur.

DM : En fait c’est improvisé à 50 % ; j’ai tendance à remplir des carnets de phrases griffonnées, je les ressors 6 mois ou 1 ans après et comme je n’y comprends plus rien j’improvise dessus.

Et toi Tycho Brahé, tes paroles ?

TB : Ca se passe souvent de la même manière : je lis un bouquin, je vois un film ou parfois je vis quelque chose et je reprends ça en le mettant un peu à ma sauce. Ce qui fait que mes textes sont souvent des échos de (en vrac) Dino Buzzati, Brett Easton Ellis ou Jim Jarmusch.... donc, je ne me trouve pas très inventif, j’ai du mal a me détacher de ces "modèles".

Je ne veux pas donner l’impression de dévaloriser ce que j’écris, mais encore une fois, j’ai du mal à extérioriser vraiment mes textes les plus personnels, alors bon ça viendra sans doute avec le temps...

TLFOLMF : Ce n’est pas ce qu’on ressent en écoutant les titres de Tycho Brahé...

TB : Comment se passe l’agencement texte / chant / musique (chronologie, répartition dans le groupe) ?

TLFOLMF : 1) le texte 2) la musique 3) l’enregistrement 4) les arrangements 5) le mix 6) myspace. La dernière étape consiste à s’envoyer plein de mails pour se faire des compliments

DM : c’est plutôt la musique qui vient en premier, je suis un rude jemenfoutiste donc Mathieu avec qui je joue est souvent obligé de me pousser dans mes derniers retranchements, sinon je me contenterais facilement de la première prise. Mais la formule duo est pas mal pour ça, les compromis sont plus vite trouvés que quand on jouait à 12. Par contre nous n’avons encore jamais pris le temps d’enregistrer sérieusement.

Tiens d’ailleurs Tous les Films ont la même Fin, il est très beau votre son, qu’utilisez vous pour vous enregistrer, ordinateur, 4-pistes, studios ?

TB : Tout à fait d’accord avec dylan Municipal ! et même l’autre soir on écoutait Tous les Films ont la même Fin en Citroën Saxo, les vitres ouvertes en bougeant la tête et les autres m’ont dit « wahou c’est bien enregistré » (ça c’est de l’anecdote)

TLFOLMF : Ce message s’adresse à nous (hin hin) ? On a un ordinateur et un micro Rode. Les batteries ont été enregistrées dans des endroits improbables, genre studio.

DM : Nous on enregistre sur un vieux 4-pistes, mais on aimerait bien s’enregistrer un peu plus proprement, tout ça sans trahir notre promesse jurée la main sur un exemplaire du “Arizona records” des Silver Jews : jamais de dolby !

TB : Ca a été ma technique pour toutes les chansons de Tycho Brahé : vieux 4-pistes avec un micro super loin ! Rien de tel pour avoir du souffle estampillé "made in USA".

dylan Municipal, vous avez combien de chansons en tout ?

DM : Pour la vraie lo-fi US, le plus radical et inaudible reste la chanson chanté sur un répondeur !

Nous avons une douzaine de chansons environ, mais on est hyper superstitieux donc nous n’arrivons pas à écrire la treizieme.

TB : Vous faîtes de la scène ?

TLFOLMF : Pas de scène pour l’instant, mais une énooooorme envie, les répétitions ont commencé en mars, et il faut qu’on joue sur scène parce que bon. Nous avons un vague projet au Sentier des Halles à Paris pour septembre, invités par Seb Adam (l’homme derrière Pauline Easy...), à confirmer.

DM : Oui on en fait quand Mathieu revient de Arles, le plus souvent des concerts bricolés dans un café accueillant.

On a eu la chance de jouer un jour avant les Pernice Brothers et Thanksgiving, un américain de Portland signé sur le label des Microphones, c’était cool. Joe Pernice a été très gentil, il nous a dit qu’il n’avait jamais rien entendu de pareil, ce qui veut VRAIMENT tout dire !

TB : Wahou respect ! même si j’aimais beaucoup plus ce que Joe Pernice faisait dans Scud Mountain Boys avant les Pernice Brothers (un peu trop pop à mon goût) ça devait être cool ! Je crois qu’en effet il était sincère, parce que je crois que je pourrais dire la même chose que lui à propos de dylan Municipal.

DM : Oui, il aurait pu tout de suite dire qu’on était vraiment qu’une bande de branleur mais il s’est abstenu !

TB : « Aujourd’hui n’est qu’un produit

Un emballage vide comme les autres

Demain ne vaut pas mieux tu sais

Mais il est encore dans le camion » “Le Magasin”

Tous les Films ont la même Fin : c’est un vrai manifeste social ? dylan Municipal : une réaction ?

TLFOLMF : Les phrases de cette chanson sont à 80 % du recopiage de trucs entendus quand je travaillais dans un magasin, et qui m’avaient, tout de même, amené à me poser de douloureuses questions. Non résolues, même par la chanson... mais quand même un peu. Cette chanson est une vengeance.

DM : « Aujourd’hui n’est qu’un produit Un emballage vide comme les autres Demain ne vaut pas mieux tu sais Mais il est encore dans le camion » c’est un beau cadeau pour une vengeance

TB : “Remplaçons les cœurs par des culs”, dylan Municipal : est-ce que ce serait du dadaïsme musical (avec les chœurs "des cœurs, des culs, bis" quand même c’est magnifique) ? Tous les Films ont la même Fin : idem, qu’en pensez-vous ?

TLFOLMF : j’en pense que je suis prof d’arts plastiques (arf)

DM : C’est clair que le dadaïsme est une grosse référence. En fait c’était partie d’une volonté de faire une chanson paillarde engagé sans faire nos Didier Super, les influences se retrouvant plutôt du côté de chansons de Ween comme "I’m so fat I can’t see my dick anymore" ; que rajouter après un titre pareil ?

TLFOLMF : Dada m’a marqué, mais y a aussi des gars super marrants qui s’appelaient le Grand Jeu et Ween est une énorme référence pour moi

DM : Très intriguant le Grand Jeu et quel titre superbe pour une revue de littérature !

TB : A vrai dire, dylan Municipal, je pensais en effet un peu à Ween en vous écoutant, est-ce que la chanson dont tu parles est sur cet espèce d’album country ?

En chanson à titre burnée, il y a quand même celle de mon héros Will Oldham "There’s cum in your hair and my dick is hanging out", ça laisse encore un peu de challenge

DM : En fait je ne sais pas de quel album cela vient, c’était sur une cassette compilée par une amie... Mon dieu, avait elle un message à faire passer ? Will Oldham est l’empereur du titre qui tue !

Et toi Tycho Brahé, est ce que tu écoutes toute la clique Animal collective ? Je pense qu’ils adopteraient à bras grands ouvert ta "Vie folle" ! et c’est un motherfucking compliment venant de ma part !

TB : Eh bien non... c’est un peu idiot, mais parfois je me mets en tête des trucs bêtes, là en l’occurrence c’est l’impression que Animal Collective était trop hype...

Pour "Ma vie folle" c’est assez génial parce que ce morceau est en passe de devenir un anti-tube underground (euh... ultra-ultra-underground) alors qu’il est grandement basé sur ce très beau texte de et lu par Morgiève et je n’ai rien fait sauf rajouter une mélodie à UN seul accord en racontant n’importe quoi... un peu de la magie de la musique, quoi...

DM : Parfois il n’en faut pas plus ! à ce niveau d’ultra-minimalisme, il y’a Olivier Andu qui est fort aussi, avec en championne "Oh superman" de Laurie Anderson !

TLFOLMF : Dans le genre, on adore Jan Devodi.

TB : Je ne vous ai jamais entendu parler de Pascal Comelade (ma deuxième mamelle tutélaire !) qui est pourtant assez proche de cette vision décalée de la musique.

DM : Ah Comelade ! J’ai même acheté la bande son d’"Espace détente" quand ’ai vu que c’était lui qui l’avait fait

TLFOLMF : Cher Tycho Brahé, dis nous ce que tu as ressenti la première fois que tu as entendu nos chansons

TB : Ah c’est compliqué à décrire parce que finalement c’était dans les deux cas un truc assez instinctif... du genre, ils ne font pas comme tout le monde, ils osent prendre des risques tout en conservant une base (musicale) qui m’évoque plein de choses. Mais dans les deux cas un déclic vraiment immédiat et presque curieux. Tout ça a été amplifié par le fait que je vous ai découvert via myspace qui pousse à "consommer" beaucoup de groupes et de musique alors que là, j’ai tout de suite ressenti le besoin d’aller plus loin.

DM : Wep pareil pour moi avec vous ! Il y’a d’autres trucs qui m’ont touché sur myspace mais pas en bloc comme Quaisoir dont je trouve un morceau ("fallait pas") très beau et les autres beaucoup moins.

TLFOLMF : dylan Municipal, on trouve vos chansons vraiment très biens (il fallait qu’on dise ça, parce que c’est vrai)

DM : Merci les gars, je pense que notre musique a surtout le charme du décalé, (je ne dis pas ça pour me flageller au contraire c’est totalement assumé et revendiqué)

TLFOLMF : Chers dylan, je ne vous trouve pas décalés, c’est le reste du monde qui l’est !

TB : Tous les Films ont la même Fin, ça m’embête de dire ça comme ça, mais certaines personnes à qui j’ai fait écouter votre musique m’ont dit que ta voix, Lionel, ressemblait à celle de Vincent Delerm... Ce à quoi j’ai évidemment répondu qu’au contraire tu incarnais l’anti-Delerm, est-ce que j’ai eu raison ? Qu’est-ce que je pourrais rajouter comme argument ?

TLFOLMF : Contrairement à Vincent Delerm, there are flies on my dick (citation weenienne et argument massue) !

TB : dylan Municipal, je suis également embêté parce que je n’ose encore pas faire écouter votre musique à mes grands-parents parce que vos textes sont trop crus... à quand un peu de mièvrerie et de douceur dans vos chansons ?

DM : En fait on a une ou deux chansons hyper gnangnans, on garde ça pour le mois de juin pour sortir le slow de l’été !

TB : Un peu de promotion : quelles sont vos actualités musicales / artistiques respectives ?

DM : Un ptiot concert à Comines (dans le cadre du festival Pilotti... hélas c’est déjà passé... mais c’était bien !) et peut être un enregistrement cet été ! Bref on sera toujours aussi loin de Bercy ! à plus dans le bus

TLFOLMF : Des enregistrements, des répétitions, et, on l’espère, vous rencontrez en vrai ! Salut !



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